Le 25 avril, grosse journée de transport en perspective pour passer de Kep, au Cambodge, à Bangkok.

Le réveil sonne à 6H, le « pick-up » à l’hôtel est prévu à 7H, mais comme nous sommes en Asie nous attendrons le minibus jusqu’à 7H30 (ce n’est pas énorme 30 min de retard, surtout ici mais là on pense juste aux 30 minutes de sommeil perdues).

Nous n’avons pas réussi à avoir de détails sur les différents transports qui nous attendent aujourd’hui, nous pensions d’ailleurs commencer par un tuk-tuk de l’hôtel à l’agence de bus mais en fait le minibus nous récupère directement….tant pis pour la baguette de pain qu’on voulait acheter à la boulangerie au passage. Ce n’est pas bien grave, l’hôtel nous a préparé des « box » pour le petit déj avec pain, confiture et deux œufs durs chacun et nous avons pris une boisson avant de partir.

Au bout d’1h30 de minibus, nous sommes débarqués devant un resto. Je suis incapable de vous dire le nom de la ville, on ne l’a jamais su ! On doit attendre un autre bus mais on n’a aucune idée de l’heure de son passage. Une petite demi-heure plus tard, un bus s’arrête, il va à la ville de Koh Kong, très bien, on grimpe dedans. Il est lent, lent, lent, les pauses sont fréquentes….Cependant nous traversons de jolis paysages : montagnes verdoyantes (ça change !), rivières, la route tourne….

2h30 plus tard, arrivés à la gare routière de Koh Kong, on s’apprête à descendre, persuadés qu’on doit prendre un autre moyen de transport pour la frontière, située à une dizaine de km mais non, le bus continue jusqu’à la frontière, bonne nouvelle ! Ce sera la seule bonne surprise de ce trajet !

C’est donc en début d’après-midi que nous quittons le Cambodge. La frontière est simple, pas de bakchich. Par contre, c’est du sérieux pour quitter le Cambodge, il faut montrer patte blanche : empreintes digitales des dix doigts ! Pourtant à l’entrée, cela n’avait pas été fait !

Cette frontière est très animée !

A priori, c’est notre dernier passage de frontière terrestre au cours de ce voyage mais lors de notre traversée du « no man’s land », il faisait tellement chaud, je gouttais de partout, avec mon barda sur le dos et le ventre, que je n’ai pas eu le courage de prendre une photo.

Arrivés côté Thai, on remplit les formulaires (on commence à avoir l’habitude), puis on passe l’immigration sans aucune difficulté : nouvelle autorisation de 30j sur le territoire. Que c’est agréable d’entrer dans un pays sans payer de visas !

Maintenant, reste à savoir comment va s’organiser la suite, car nous avons été déposés juste avant la frontière mais ne savons pas du tout comment s’enchaine le transport de l’autre côté. Après une agence qui regarde nos tickets de bus bizarrement puis nous envoie à une autre, nous trouvons la bonne. Apparemment, un minibus va être affrété jusque BKK une fois que 10 personnes seront présentes. Pour l’instant, nous ne sommes que 6…

Finalement, une demi-heure plus tard, on nous charge dans un minibus avec des voyageurs en partance pour Pattaya, qui n’est pas sur le trajet de BKK. Mais on nous explique que nous faisons van commun jusqu’à Trat et qu’ensuite nous prendrons un bus pour BKK….OK, on n’est plus à un bus près !

Le trajet jusqu’à Trat se déroule bien ! Nous sommes en Thailande : on roule à gauche (j’ai mis un moment à comprendre pourquoi les minibus devant les agences étaient tous garés à contresens, de même que j’avais trouvé illogique que les bureaux de l’immigration Thai soient du côté gauche de la route pour l’entrée, et non pas à droite…lol ), la route est en excellent état, on roule vite (ça fait bizarre !), les bas-côtés sont propres. C’est un peu déroutant !

Une heure plus tard, nous voici déposés à Trat, sans info comme d’habitude. On voit un gros bus pour BKK sur le départ, on se précipite, accompagné de l’autrichien qui voyage avec nous et va à BKK également mais le bus part devant nous et l’agent qui lui donne le feu vert pour le départ nous envoie sèchement balader (c’est rare en Asie d’avoir un interlocuteur désagréable).

Nous retournons donc voir le chauffeur de notre minivan, qui sait très bien que nous allons sur BKK. Il  trouve alors une hôtesse qui nous prend en charge. Je suis persuadée que si on n’avait pas réussi à intercepter notre chauffeur avant qu’il ne reparte, on était en rade.

Commence une petite attente….Les jeunes pour Pattaya sont toujours là également. On nous dit qu’un minivan va venir nous chercher pour BKK….Finalement, on nous met tous (BKK et Pattaya) dans un Songthaew (les « taxis » locaux, ces sortes de bétaillères) qui doit nous emmener « on ne sait où » prendre un minivan.

10 min plus tard, on nous dépose à une agence….on doit attendre…..C’est juste du délire ! Il est déjà 16h passées, on commence à se demander si on arrivera bien à BKK le soir même.

Les voyageurs pour Pattaya et BKK doivent cette fois-ci se séparer (enfin…. depuis le temps qu’on nous le dit…)

Ceux pour Pattaya embarquent dans un minivan.

On attend….

Quelques minutes plus tard, on nous fait embarquer dans le même minivan ! Soit disant pour 1h de route puis on aura enfin notre transport pour BKK !

On commence sérieusement à douter. Notre hôtel pour BKK est réservé depuis la veille, ça nous embêterait de devoir payer une chambre ailleurs en plus…

On roule. En suivant sur Maps.me avec l’autrichien, notre compagnon d’infortune, on se dit qu’on changera sans doute de bus à Chantaburi, où les deux routes bifurquent. Mais lui aussi doute un peu de la suite des opérations.

Au bout de presque 1h de route, le van s’arrête faire le plein, au gaz, dans une station. Tout le monde descend, on en profite pour faire une pause et grignoter des gâteaux.

15 minutes plus tard, tout le monde remonte dans le van. On pense repartir mais non, le chauffeur redescend. On se demande ce qui se passe….On attend….Tout à coup, il rouvre la porte arrière du minivan et demande aux voyageurs pour BKK de descendre. Un autre minivan vient d’arriver faire son plein, il n’est pas complet et apparemment va à BKK. J’assiste à la transaction financière entre les deux chauffeurs et nous sommes pris en charge par notre 6ème véhicule de la journée….C’est juste du délire total ! On a eu chaud je crois. Effectivement, personne ne devait savoir quoi faire de ces 6 voyageurs en partance pour BKK.

Cette fois-ci, on est certain d’être dans la bonne direction. Il nous faut encore affronter 3 bonnes heures de route, avec un chauffard qui roule à plus 140 km/h sur une route surchargée (ce qui après les pointes de vitesse à 40 voire 50 du Laos nous parait énorme et me fait carrément peur !)

Vers 20h, nous avons droit à une pause devant un 7/11, ce qui me permet d’acheter du pain de mie, des saucisses et des yaourts pour nourrir ma famille. Quel festin !

A presque 22h, le minivan nous dépose à Victory Monument, à Bangkok, sains et saufs (oui je l’avoue, vu la vitesse et le monde sur l’autoroute, j’ai douté…).

La suite est simple : on interpelle le premier taxi meter que l’on voit, on lui montre l’adresse en Thai de l’hôtel réservé et un quart d’heure plus tard nous sommes ENFIN arrivés !

Une bonne douche et au dodo, à 23h, pour tout le monde !

FELICITATIONS à nos filles qui ont été (une fois de plus) exceptionnelles et,  à aucun moment, au

cours de cette très longue journée ne se sont plaint !

 

De Kep, étape sur la côte, à Bangkok, on voit qu'il y a du chemin !